Café débat du Niger sur la lutte contre les VBG
Depuis plusieurs années, la lutte contre les Violences Basées sur le Genre (VBG) est devenue une priorité pour de nombreux acteurs au Niger. C'est dans cet esprit qu'un café débat a été organisé récemment à Mayahi, dans la région de Maradi, située à plus de 600 km de la capitale Niamey. Le but de ce café débat, parrainé par le chef de canton de Mayahi, l'honorable Gado Sabo, est de sensibiliser les acteurs à la nécessité de renforcer la lutte contre les VBG et de protéger davantage les femmes et les enfants, filles et garçons. Ainsi, le Chef de Canton de Mayahi confirme l'engagement des autorités nigériennes dans cette lutte.
Lors de ce café débat, M. Laouali Amadou, représentant de l'Alliance Droits et Santé (ASMADE) au Niger, a salué les acteurs ayant contribué à la réussite de cette rencontre. Il a encouragé les leaders religieux à continuer de s'impliquer dans la lutte contre les violences basées sur le genre afin de renforcer la protection des femmes et des jeunes filles pour un développement harmonieux.
Pour sa part, l'honorable Gado Sabo a exprimé sa sincère gratitude aux participants pour leur présence massive à ce café débat en faveur de la lutte contre les Violences Basées sur le Genre.
Selon lui, les violences basées sur le genre désignent tout acte préjudiciable commis contre le gré de quelqu'un, fondé sur les différences établies par la société entre les hommes et les femmes. Il a noté que ces violences peuvent revêtir plusieurs formes : physique, sexuelle, psychologique (émotionnelle), verbale, socioéconomique ou culturelle.
L'honorable Gado Sabo rappelle qu'une étude réalisée en 2021 fait ressortir que la prévalence globale des VBG au cours de la vie est de 29,0 %, soit respectivement 38,2 % chez les femmes et 16,3 % chez les hommes. Ces chiffres, explique-t-il, montrent aisément que la violence à l'égard des femmes connaît une recrudescence sans précédent, malgré le fait qu'elle constitue une violation des droits humains, causant dépendance, privation et préjudice à la femme.
« Au Niger, les Violences Basées sur le Genre constituent un phénomène social majeur et persistant. Elles sont fréquentes aussi bien en milieu rural qu'en milieu urbain. Les femmes et les filles sont les plus exposées et vulnérables. »
Il est évident que les Violences Basées sur le Genre se fondent sur des normes et pratiques socioculturelles discriminatoires. Elles ont toujours constitué un obstacle à l'exercice des droits fondamentaux ainsi qu'au développement social et économique de nombreux États. Le mariage des enfants et les déplacements de certaines communautés constituent des formes de violence basées sur le genre à combattre par tous les acteurs.
Les chiffres avancés par le Chef de Canton de Mayahi sont alarmants. En effet, 76 % des filles sont mariées avant l'âge de 18 ans, et 28 % avant l'âge de 15 ans.
Pour mettre fin aux VBG, l'honorable Gado Sabo a annoncé que le Niger a élaboré une stratégie nationale de prévention et de réponses aux violences basées sur le genre et aux abus et exploitations sexuels (VBG/PSEA) ainsi qu'un plan opérationnel 2024-2028. Ce plan stratégique national vise à mettre fin au mariage des enfants au Niger d'ici 2028, avec des objectifs clairs et des actions concrètes pour protéger les droits des enfants, en particulier des jeunes filles.
En parrainant ce café débat en faveur de la lutte contre les violences basées sur le genre, le chef de canton de Mayahi confirme l'engagement des leaders coutumiers et de l'État à promouvoir et à protéger les droits des femmes et des jeunes filles, où qu'elles soient : en milieu urbain ou rural. « Je dois ici rappeler que les plus hautes autorités de la République font de la réalisation des droits humains en général, et des droits des femmes et des jeunes filles en particulier, une de leurs priorités », a déclaré le Chef de Canton de Mayahi.
Hadjara A. Barmou

