Réunion de Coordination des Fréquences Radioélectroniques aux frontières des pays de l'AES : Harmoniser les plans de fréquences militaires aux frontières et sécuriser les populations
Les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (Niger, Mali et Burkina Faso) viennent de tenir, à Niamey, une réunion de coordination des fréquences radioélectroniques aux frontières communes. Le but de cette réunion est d'harmoniser les plans de fréquences militaires pour éviter les interférences, renforcer la communication entre les forces armées et mieux sécuriser les populations frontalières.
Du 20 au 23 octobre 2025, les experts issus des trois pays de l’AES vont mûrir les réflexions pour produire des plans de fréquences militaires aux frontières, afin de prévenir les brouillages et garantir des communications fluides et sécurisées lors d'opérations conjointes ou coordonnées.
C’est le Directeur Général par Intérim de l’Autorité de Régulation des Communications Electroniques et de la Poste (ARCEP) M. Sidi Chegou qui a présidé l’ouverture des travaux de cette réunion, ce lundi 20 octobre 2025 au palais des congrès de Niamey, en présence de plusieurs invités de marque.
Dans son discours d’ouverture, le directeur Général par intérim de l’ARCEP a souhaité la chaleureuse bienvenue aux différentes délégations venues du Burkina et du Mali et leur a transmis les salutations fraternelles ainsi que les encouragements du Directeur Général. Ainsi, M. Sidi Chegou a rendu un hommage appuyé à leurs Excellences le Général d'Armée Abdourahamane Tiani, Président du Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie, Chef de l'État du Niger, le général Assimi Goïta, Président de la Transition, Chef de l'État du Mali, et le Capitaine Ibrahim Traoré, Président de la Transition, Chef de l'État du Burkina Faso. Il a notifié que leur vision commune, leur engagement ferme pour la souveraineté, la dignité et la sécurité des peuples de l’AES, constituent pour l’ensemble des acteurs de l’ARCEP une source d'inspiration et de détermination. « C'est grâce à leur leadership éclairé que notre Alliance des États du Sahel se consolide, gagne en force et incarne désormais une véritable communauté de destin. Cette rencontre représente une occasion unique de traduire la volonté politique de nos Chefs d'État en mécanismes techniques et opérationnels concrets. La véritable réussite de vos travaux se mesurera non pas seulement dans les documents ou recommandations qui en résulteront, mais dans l'amélioration tangible de l'environnement opérationnel de nos forces et dans le renforcement effectif de notre souveraineté collective » rassure M. Sidi Chegou.
En effet, le Directeur Général par Intérim de l’ARCEP a saisi cette occasion pour rappeler les bienfondés de cette réunion. Il a notifié que le spectre radioélectrique n'est pas une ressource technique ordinaire. Selon lui, face aux multiples défis auxquels ce secteur fait face, la vigilance, la synergie et l'action concertée ne sont pas de simples choix, elles sont une nécessité vitale « Pour nos Forces de Défense et de Sécurité, il est le sang vital de la communication opérationnelle, un multiplicateur de puissance et un instrument de souveraineté technologique. Sa maîtrise conditionne l'efficacité du commandement, l'interopérabilité de nos forces et la protection de nos populations. C'est particulièrement dans les zones frontalières, ces espaces sensibles où nos souverainetés se rejoignent que la coordination des fréquences devient décisive. Car les interférences, qu'elles soient accidentelles ou malveillantes, ne représentent pas seulement une nuisance technique elles peuvent compromettre des opérations, fragiliser nos missions et, parfois, mettre en péril la vie de nos soldats » a-t-il déclaré avant de rappeler le contexte sécuritaire actuel des pays de l’AES marqué par des menaces persistantes, multiformes et transfrontalières.
Rappelons qu’au-delà de l’harmonisation des plans de fréquences militaires aux frontières, les participants à cette réunion vont travailler pour renforcer la coopération sécuritaire et la surveillance des territoires, car les responsables de l’ARCEP sont convaincu qu’une gestion intelligente du spectre contribue directement à la défense commune et à la stabilité des nations et protéger les systèmes de communication stratégiques contre les Interférences, en identifiant les vulnérabilités, en développant des mécanismes robustes de mitigation et en garantissant la disponibilité, l'intégrité et la confidentialité des liaisons critiques dans l’espace AES.
Hadjara A. Barmou

