Célébration de la Journée Internationale des sages-femmes « Les sages-femmes : indispensables en toutes circonstances », thème de l'édition
A l’occasion de la journée internationale des sages-femmes placée sous le thème « Les sages-femmes : indispensables en toutes circonstances», le Réseau des médias Africains pour la promotion de la Santé de l'Environnement (REMAPSEN) en collaboration avec UNFPA a organisé le lundi 6 mai 2025, un webinaire qui a regroupé une quarantaine de journalistes africains. Cette rencontre virtuelle vise à partager des solutions concrètes et à faire entendre les voix de terrain, avec des perspectives issues du rapport sur l’état de la pratique de sage-femme comme l’a indiqué le Directeur régional de l’UNFPA pour l’Afrique de l’Ouest et du centre, Dr Sennen Hounton.
Au cours de ce webinaire, les différents intervenants ont souligné l'importance cruciale des sages-femmes dans le contexte de la crise. Les sage-femmes jouent donc un rôle essentiel en accompagnant les femmes tout au long de leur grossesse, lors de l'accouchement et pendant la période postnatale.« Il est important de noter que près de trois femmes sur quatre suivies durant leur grossesse le sont par une sage-femme ou un maïeuticien. Elles sont souvent les premières et les seules à prodiguer des soins vitaux aux femmes et aux nouveau-nés lors d'une crise, qu'elle soit due à une catastrophe naturelle ou au terrorisme, et à atteindre les femmes enceintes dans les zones les plus dangereuses ou les plus reculées », a déclaré le ministre de la santé du Burkina Faso, Dr Robert Lucien Jean Claude Kargougou.
Aussi, il a relevé que le Burkina Faso avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers a fait de la réduction de la mortalité maternelle son cheval de bataille à travers la mise en place de plusieurs stratégies dont une volonté politique réaffirmée avec environ 12% du budget de l’État alloué au Ministère de la Santé depuis au moins 10 ans ; une augmentation significative du recrutement de sage-femmes/maïeuticiens pour leur déploiement à travers tout le pays ; le renforcement des capacités des écoles de formation. Il y a également la mise en place du réseau SONU y compris la formation des médecins généralistes en chirurgie essentielle permettant aux femmes de bénéficier de césariennes même dans les zones les plus reculées ; la gratuité des soins maternels et néonatals incluant la prise en charge de la fistule, la gratuité des soins aux mères et aux nouveau-nés et la mise en place de la surveillance hebdomadaire des décès maternels à travers le dispositif de surveillance des maladies.
« Toutes ces stratégies ont contribué à une amélioration de la santé maternelle et infantile au Burkina Faso. Ainsi la prévalence contraceptive est passée de 22,5% en 2015 à 31,5% en 2021, le ratio de mortalité maternelle est passée de 787 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2021 », a-t-il dit.
Le ministre de la santé du Burkina Faso a rassuré que son ministère est pleinement engagé aux côtés des sage-femmes pour assurer la santé et le bien-être des femmes et adolescentes. « L’avenir que nous voulons est un avenir où les sage-femmes jouent pleinement leur rôle s’agissant d’assurer des accouchements sans danger, de promouvoir un sain espacement des naissances, et de protéger la santé et les droits des femmes et des filles », a-t-il indiqué.
Dans son intervention, le directeur régional de l'UNFPA pour l'Afrique de l'Ouest et du Centre, Dr Sennen Hounton a souligné que le thème de cette année, « Les sages-femmes : indispensables en toutes circonstances », résonne particulièrement en Afrique de l’Ouest et du Centre, où les urgences humanitaires, les conflits, les déplacements liés au climat et la faiblesse chronique des systèmes de santé affectent gravement les femmes et les filles. « Ces crises touchent de manière disproportionnée les femmes enceintes, mettant en évidence le rôle essentiel des sages-femmes en première ligne », a-t-il affirmé.
Par ailleurs, Dr Sennen Hounton a relevé que malgré une insécurité profonde et une crise humanitaire persistante, le Burkina Faso a réduit sa mortalité maternelle de 787 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1990 à 242 en 2023. L’assistance à l’accouchement par du personnel qualifié est montée à 87 %, et la fécondité totale a chuté de 6 à 4,9 enfants par femme. « L’UNFPA a fait de la profession de sage-femme une priorité stratégique dans sa Feuille de route régionale 2025–2029 pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle. Nous appuyons les gouvernements dans le renforcement de la formation, des cadres réglementaires et des modèles de soins dirigés par des sages-femmes. Des dispositifs d’urgence ont été activés dans 13 pays pour permettre une réponse rapide en situation de crise », a-t-il indiqué.
Yacine Hassane

